Partager l'article ! Les supports mobiles, bipèdes et sympathiques: Devenez bipède pour faire marcher l’art autrement ...
Devenez bipède
pour faire marcher l’art autrement
For art to move on differently,
become a biped
une idée de Rodia Bayginot
photographiée par Philippe Ordioni
an idea of Rodia Bayginot
photographed by Philippe Ordioni
soutenue par la Direction des Affaires Culturelles de la Ville d’Aubagne
et la Communauté d'agglomérations duPays d'Aubagne et de l'Etoile
defended by the Cultural Affairs Department of Aubagne
and the ‘Communauté d'agglomérations du Pays d'Aubagne et de l'Etoile’
toutes les photos de "bipèdes" prises depuis le début sont ici :
all the ‘bipeds’ taken from the beginning :
http://expositionsrodiabayginot.over-blog.com/
"Les supports mobiles, bipèdes et sympathiques"
L'aventure commence sous forme de gag : pour une exposition collective à Aubagne Rodia Bayginot cherche un "angle" d'accroche ( à tous les sens du terme). Ses œuvres seront attachées au cou des visiteurs en guise de cimaises… Philippe Ordioni les photographie presque pour le fun. L'idée plait, elle fait son chemin, s'affine pour prendre une toute autre orientation. Le tableau n'est plus le centre de la prise : il en devient le (beau) prétexte.(...)
Tout est donc le fruit de rencontres. Il y à là des anonymes - surtout des anonymes - mais quelques têtes connues : Michel Galabru, Mikaël Lonsdale, Guy Bedos par exemple. Surpris, ceux qui regardent l'ensemble de l'œuvre sont parfois saisis de doutes : "on dirait Lonsdale, on dirait Galabru". C'est bien eux . "Relégués" au vade-mecum des anonymes du tout venant. Et soudain quelque chose d'étrange et de fascinant se met en place. L'art ne se situe pas en dehors de la vie. Il naît et conforte une pulsion naturelle, l'intérêt ou plutôt l'empathie portée aux autres au fil des situations. Le tout dans un processus dynamique qui ne cesse de croître et de prospérer. (...)
Jean-Paul Gavard-Perret
"The friendly, mobile bipeds holders"
The adventure started as a joke: for a collective exhibition in Aubagne, Rodia Bayginot searched for a ‘hanging’ angle. Her artwork would be ‘hanged’ around the neck of visitors as painting rails… Philippe Ordioni took photographies for fun. The idea appealed to everyone, got around, and started to take an all different figure. The painting is no longer the center of the shooting, it became the (beautiful) excuse (...).
All is about ‘go and meet’. Anonymous - most of anonymous - but also some more famous: Michel Galabru, Mikaël Lonsdale, Guy Bedos... Surprised, those who are looking at the entire artwork are sometimes in doubts : "it looks like Lonsdale, it looks likes Galabru". Well it is them . "Relagated" to the anonymous vade-mecum of the everyones. And suddenly something strange and fascinating is taking process. Art is not on the outside of life. It takes birth and reinforces a natural pulsion, the interest or rather the empathy towards others as situations go. All of it, in a dynamic process growing and flourishing. (...)
Jean-Paul Gavard-Perret
Les bipedes du Service Public, Aubagne, septembre, octobre 2010
http://bayginot.over-blog.fr/article-les-bipedes-du-service-public-56348294.html
Les bipèdes du Théâtre Comoedia 2010 et 2011
http://bayginot.over-blog.fr/article-les-bipedes-du-theatre-comoedia-a-aubagne-59453329.html
Les bipèdes de la manif du 12 octobre 2010 http://bayginot.over-blog.fr/article-les-bipedes-de-la-manif-du-12-octobre-2010-a-marseille-58852120.html
Exemple de galerie mensuelle des bipèdes
Rodia Bayginot vit à Aubagne. Artiste plasticienne, elle considère que son travail n’aurait aucun sens s’il n’était pas montré aussi dans des endroits moins spécialisés que les galeries d’art.
L’idée des « Supports mobiles, bipèdes et sympathiques » est née de la conviction que « l’art s’adresse SURTOUT à tout le monde », d’où l’envie d’accrocher ses tableaux au cou des gens.
Devant le succès populaire de cette intervention artistique publiée tous les mois sur le blog de Rodia, la galerie s’est agrandie jusqu’à réunir près de 1.900 portraits photographiés depuis près de quatre ans par Philippe Ordioni :
grand ou petit, jeune ou vieux, célèbre ou pas, toutes classes et métiers confondus, chacune et chacun appartient désormais à l’aventure des « bipèdes », comme on les appelle désormais à Aubagne.
Rodia Bayginot lives in Aubagne. Visual artist, she considers that her work has no meaning if not presented in all sort of places other than art galleries.
The idea of the «friendly, mobile bipeds holders » takes its root from the strong belief that “art adresses to everyone”, hence the desire to hang her paintings around people necks.
The popular success of this artistic happening being published every month on Rodia’s blog, has now grown to almost 1.900 portraits photographed over the past 4 years by Philippe Ordioni : big or tall, young or old, famous or not, different social or professional backgrounds, everyone belongs now to the adventure called ‘the bipeds’, as we call them in Aubagne.
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Voilà près de quatre ans que nous avons commencé à rêver cette utopie d’une exposition transversale qui toucherait tous les publics, transversale parce-que inter-culturelle, inter-générationnelle et inter-classes sociales, en réaction au monde de l’art que nous trouvions trop élitiste.
Au début, nous pensions cela comme un jeu qui ne toucherait peut-être que nos amis et nos proches.
Et puis, nos amis justement de l’association RAMA (« Rassemblement Artistique et Musical à Aubagne et Ailleurs ») nous ont permis de rencontrer des groupes de musique et des habitants du Quartier du Pin Vert, et puis Jean-Luc DIMITRI du Service des Affaires Culturelles d’Aubagne est venu nous chercher pour La Mostra en octobre dernier, et ensuite des projets ont commencé à se former, et Jacques LEBEAU nous a accueilli dans son Théâtre. Et entre temps, nous avions pris des photos à La Chapelle des Pénitents Noirs, à la Médiathèque Marcel Pagnol, à la Distillerie, lieu de recherche et de création théâtrale, dans les rues et ailleurs.
En art contemporain, un mot revient souvent celui d’intention. On a tendance à dire que l’intention fait l’œuvre. Je ne suis pas sure que cela suffise mais je pense que « les bipèdes » ont compris en tout cas quelle était la nôtre, d’intention, et qu’ils ont accepté de poser pour ça.
Que ce soit à l'état virtuel (exposition tous les mois de cinq nouveaux tableaux portés par de nouveaux bipèdes sur mon blog) ou que ce soit à l'état réel (exposition de photos sur les murs du Théâtre Comoedia d'Aubagne ou sur des panneaux dans les rues), la Galerie des supports mobiles, bipèdes et sympathiques est une expérience qui tend à nouer des liens artistiques entre les gens quel que soit leur rôle dans la société. Elle tend aussi à créer une inter-action entre les gens et les tableaux qu'ils acceptent de porter le temps d'une photographie.
Rodia Bayginot
texte actualisé en avril 2012
Rodia Bayginot et Philippe Ordioni
Manifeste pour les « bipèdes »
Devenez bipède pour faire marcher l’art autrement
Comment se porte l’art ? De mille et une façons ! C’est le pari de Rodia Bayginot. Le principe est élémentaire :
se faire prendre en photo avec une de ses œuvres.
Le geste pour répondre à cette invitation est plus délicat qu’il n’y paraît. Qui est-ce qui est pris exactement en photo ? L’œuvre avec en arrière plan son centaure, mi homme- mi chevalet ? Ou bien l’individu justement, détourné de son réflexe narcissique par la présence jamais anodine du tableau ? Il faut jouer le jeu. On ne peut pas entrer dans le tableau, mais on peut toujours inviter les autres à le faire. Il importe juste de ne pas casser la chaine, c’est-à-dire, peut-être, l’illusion. Le regardeur devient regardé.
Certains l’exposent en sautoir, humbles ou fiers ; les uns semblent l’offrir comme le témoin d’un relai sans ligne d’arrivée ; d’autres l’enfilent à la manière d’un habit de gala ou aimeraient bien pouvoir se masquer derrière. Impossible, l’être est plus grand que le cadre. Chacun fait à sa façon et c’est fou comme il y en a.
Si le tableau est le résultat du travail extrêmement solitaire de l’artiste, son exposition devient œuvre collective. Un tableau, une photo, vous, moi, l’autre, faites passer l’art, donnez-lui au passage un peu de vous-même, il le vous rendra bien.
Antoine RONCHIN, février 2009
Liens :
Textes critiques de J.P Gavard-Perret
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SYNTHESE SCENIQUE RODIA BAYGINOT ET PHILIPPE ORDIONI
Docteur en littérature, J.P. Gavard-Perret enseigne la communication à l’Université de Savoie (Chambéry).
Membre du Centre de Recherche Imaginaire et Création, il est spécialiste de l’Image au XXe
siècle et de l’œuvre de Samuel Beckett.
J.P Paul Gavard-Perret poursuit une réflexion littéraire ponctuée déjà d'une vingtaine d'ouvrages et collabore à plusieurs revues.
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